<![CDATA[NC]]> http://www.mian225.i-clic.net NC fr Thu, 19 Apr 2007 22:05:17 GMT Thu, 19 Apr 2007 22:05:17 GMT i-clic.net v0.2 <![CDATA[Regard critique sur la presse ivoirienne]]> http://www.mian225.i-clic.net/article-143174.html Médiacratie et médiocratie : misère de la presse

 

Du 11 au 14 juillet 2006, à l’occasion d’un séminaire organisé sous les auspices de l’Union nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), les patrons de presse ont procédé à l’état des lieux des entreprises de presse. Leur diagnostic a été tranchant : le secteur est sinistré et traverse une crise sans précédent.

 

Que valait un tel constat non étayé de chiffres ? Pas grand-chose ! Comme par enchantement, avant la fin de ce séminaire, le Conseil national de la Presse (CNP) a fait publier le bilan chiffré de tous les journaux (périodiques et quotidiens) portant sur la période 2005 au premier trimestre 2006. Et là, on a été édifié sur l’état de santé de la presse ivoirienne, disons de la presse quotidienne d’informations générales, celle qui nous intéresse ici.

 

Dans un communiqué publié en pleine page, le Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire (GEPCI) confirme ce diagnostic réalisé au scalpel : « La presse est en ruine. Elle est déstabilisée par les contingences financières. Peut-elle valablement, dans un tel contexte accompagner la transition et le processus de paix en Côte d’Ivoire ? La communauté internationale ainsi que les acteurs politiques nationaux ne manquent aucun forum pour appeler les journaux à faciliter le processus de paix en faisant preuve de responsabilité dans le traitement de l’information. Véritable bouc émissaire, la presse est régulièrement interpellée par les différents sommets internationaux sur la crise ivoirienne. La presse écrite est consciente de sa part de responsabilité dans le retour de la paix. Mais comment y parvenir lorsque la profession traverse une crise sans précédent ? »

 

Selon le GEPCI, entre 2001 et 2005, la presse écrite dans son ensemble a connu une baisse de diffusion de 25 % quand le nombre de lecteurs a chuté de 40 % au cours du premier semestre de l’année 2006. Afin de redresser la situation, le GEPCI propose un plan d’urgence en six points : la mise en place impérative du fonds de développement et de soutien de la presse ; la distribution de la presse sur l’ensemble du territoire ; la signature d’un moratoire fiscal et douanier ; la définition en urgence d’un statut social pour les journalistes ; l’attribution de la carte d’identité de journaliste professionnel ; et l’application de la convention collective annexe des journalistes.

 

Quelles sont les causes de ce marasme qui sévit dans le secteur de la presse ivoirienne ? Le GEPCI est presque silencieux sur la question. A tout le moins, il a indirectement invoqué le fait que la presse ne se distribue qu’en zone gouvernementale. Ce qui reste d’ailleurs à prouver, en ce qui concerne certains quotidiens. Et c’est dommage que le CNP n’ait pas engagé des investigations à toutes fins utiles. Ainsi, d’une façon générale, le GEPCI ne justifie pas objectivement la sinistrose qui gangrène la presse ivoirienne. Il convient de le faire à sa place.

 

L’Article XI de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 définit la liberté de la presse. Après « la gazette » de Théophraste Renaudot et avant la sortie en 1800 du « Moniteur », premier organe officiel du gouvernement français. De cette période à nos jours, la presse a connu, sous toutes les latitudes, diverses fortunes qui ne l’ont pas empêchée de s’ériger au rang de quatrième pouvoir, à la suite des pouvoirs  exécutif, législatif et judiciaire. Quatrième pouvoir parce que la presse est au cœur du système démocratique, parce que son point de vue est d’autant plus indispensable au débat démocratique qu’elle se fait sérieuse, honnête et responsable (nous ne disons pas objective). On parle alors de médiacratie. Et ce pouvoir, la presse ivoirienne le détient. Mais en mal. En effet, la presse ivoirienne est soupçonnée d’influencer négativement l’opinion, sinon sa responsabilité ne serait pas décriée dans la crise actuelle. Cette critique lui est faite à l’occasion de chaque poussée de fièvre de la grande malade qu’est la Côte d’Ivoire. La communauté internationale ne la ménage pas du tout. Parce qu’en réalité, cette presse est d’opinion, elle est généralement le relais des partis politiques. Les véritables patrons de cette presse sont des responsables politiques. Les lecteurs sont avant tout des militants ou des sympathisants politiques. Le lectorat est donc partagé entre les différentes chapelles politiques. Et les chiffres du CNP le démontrent en filigrane.

 

Dans « Journal parlé » un livre à recommander paru chez Stock en 1977, le journaliste Julien Besançon écrit : « Nous (NDLR : les journalistes) ne sommes que des vecteurs, des transmetteurs d’information. Nous transportons des messages comme des pipelines transportent du pétrole. On ne demande pas à un pipeline s’il est favorable au roi Fayçal d’Arabie Saoudite ». Plus loin il ajoute : « le bâtonnier des avocats est recruté  par les avocats, la médecine est enseignée par des médecins, le président de la chambre des notaires est notaire. Or beaucoup de patrons de presse ne sont pas des journalistes, et la plupart des journalistes n’ont aucune capacité pour diriger une entreprise. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner si l’instabilité professionnelle nous tient lieu de carrière ». Cette réflexion faite il y a vingt neuf ans, campe à merveille la situation de la presse ivoirienne.

 

Il ne faut point perdre de vue que la véritable médiacratie ne peut s’exercer que dans l’indépendance. Alors que ce sont la prospérité et des règles d’éthique qui font l’indépendance d’un journal. Et pourtant, un journal ne peut jouir d’une aisance économico-financière et voguer à grandes voiles que s’il propose des informations de qualité. Hélas pour la presse ivoirienne, la quête de l’information de qualité se fait non seulement avec des moyens financiers conséquents, mais aussi par des hommes et des femmes qui ont appris à le faire. Tous ces rédacteurs recrutés sur les campus universitaires, ont-ils l’humilité d’apprendre à collecter l’information et à écrire comme les journalistes diplômés des écoles spécialisées ? Or la bonne santé économique d’une entreprise de presse procède avant tout des effets induits du savoir faire des journalistes, du sérieux et de l’honnêteté dont ils font preuve dans l’accomplissement de leur travail. Les fonds d’aide et autres ne venant qu’en complément. Les annonceurs sont très regardants sur ces considérations, outre la ligne éditoriale. Alors qu’un journal se vend deux fois : une fois aux annonceurs et une seconde fois aux lecteurs (…)

 

Au total, on doit reconnaître qu’en Côte d’ivoire, il est existe une médiacratie ternie par une médiocratie déplorée par tous, y compris par les journalistes eux-mêmes. Cette médiocratie a complètement érodé notre crédit. L’on nous rend responsables de beaucoup de choses, notamment de la situation difficile que traverse le pays depuis au moins quatre ans. Mais à la vérité, nous avons-nous-mêmes tressé les verges dont les gens se servent pour nous battre. Entre autres conséquences de cette situation : de nombreux journalistes dûment formés (comme l’auteur de ces lignes) ont abandonné leur métier au profit d’autres secteurs d’activités, car heureusement pour eux, le journalisme mène à tout. Nous nous souvenons, comme s’il les avait tenus hier, des propos de ce célèbre journaliste rencontré dans un super marché de la place, et à qui nous demandions les raisons qui l’ont éloigné de la presse : « je reste journaliste, mais si j’avais encore du talent, je ne le galvauderais pas en proposant mes services à ces feuilles de chou régulièrement noircies par des folliculaires. Pas de prime à la médiocratie ! » Cela se passe de tout commentaire.

 

Jacques MIAN

 

NB : Extraits d’un article mien paru le 17 juillet 2006 dans «  La Nouvelle  », quotidien catholique d’informations générales.

 

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Thu, 19 Apr 2007 22:05:17 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-143174.html
A MES CONFRERES... http://www.mian225.i-clic.net/article-142978.html

 

 

A MES CONFRERES IVOIRIENS ET AFRICAINS DE LA PRESSE ECRITE QUOTIDIENNE

Si du point de vue de la production stricto sensu, la presse écrite quotidienne n’est pas capable de proposer des analyses pointues, des enquêtes bien enlevées et des reportages proches de la story américaine (le journaliste étant l’historien de l’instant, « le regardeur infini de la société » comme le dirait Victor Hugo), si elle veut donner dans le registre des médias chauds (radio et télévision) en se contentant d’annoncer et de « montrer » ce qu’on aura déjà entendu et vu, eh bien il faut militer pour sa suppression !

 

Afin que la presse écrite quotidienne ne se condamne pas à une mort certaine et inéluctable, ses animateurs devraient penser à prendre du recul par rapport à l’actualité brûlante (entendue et vue par le canal de la radio et de la télévision) pour proposer aux lecteurs un approfondissement de cette actualité sous diverses facettes ou angles d’attaque.

 

Evidemment, pour tenir un tel pari, il y a des conditions à remplir, au plan des moyens humains d’une part, financiers et matériels d’autre part.

 

Au niveau des ressources humaines, toute Rédaction digne de ce nom doit regrouper des journalistes bien formés, c’est-à-dire des personnes capables de collecter, de sélectionner et de traiter l’information selon les critères de communicabilité. De mon point de vue, une Rédaction qui propose un quotidien devrait se doter d’une équipe constituée de trois groupes de personnes. Les journalistes les moins expérimentés devant être affectés à la couverture des menus faits dans la cité. Leurs devanciers dans le métier, se réservant les enquêtes bien fouillées (en économie, société, sports et culture) et les grands reportages exigeant beaucoup de recherches et de déplacements à l’intérieur et parfois à l’extérieur du pays. Enquêtes et reportages soigneusement conservés au frigo et à publier j’allais dire à dose homéopathique, chaque semaine, chaque quinzaine ou chaque mois, afin d’alterner l’information factuelle et celle qui est moins périssable. De sorte qu’en réalité, la Rédaction d’un quotidien fonctionne comme celle d’un hebdomadaire et d’un mensuel.

 

Aux plans financiers et matériels, il faut naturellement des moyens conséquents, à la mesure des missions que la Rédaction s’assigne, des ambitions qu’elle a et des objectifs qu’elle désire atteindre, sans perdre de vue qu’à l’heure du jetable et du zapping à souhait, le consommateur de la presse est très exigeant.

 

Si on n’a pas les ressources nécessaires à la mise en musique des ambitions qu’on affiche, il faut songer à des regroupements au détriment de cette atomisation des moyens humains et matériels qu’il est donné d’observer. Une dizaine de quotidiens paraissant à Abidjan et disant presque tous la même chose, c’est à revoir !

 

Par ailleurs, l’information écrite doit être livrée avec élégance stylistique, de façon séduisante (pour en atténuer parfois la teneur, du point de vue de la responsabilité du journaliste), avec une certaine rigueur conceptuelle, car verba volant, scripta manent. Au demeurant, en s’efforçant d’écrire correctement le français ou l’anglais, le journaliste contribue à la formation, à l’apprentissage des locuteurs de la langue, à une époque où les librairies et les bibliothèques sont désertées.

 

On ne le répétera jamais assez : l’écrit doit concilier la forme et le fond. En être incapable devrait constituer un souci permanent pour mes confrères.

 

Jacques MIAN

 

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Thu, 19 Apr 2007 11:03:21 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142978.html
LA RAPE http://www.mian225.i-clic.net/article-142803.html             LA RAPE

Un nouveau concept qui va bientôt révolutionner le monde du sport ! Il est proposé par Jacques MIAN qui en détient le brevet.

 

Savez-vous que la véritable histoire du Tennis, ce sport prestigieux peu pratiqué en Afrique (et qui a fait de nombreux milliardaires  comme Jimmy Connors, John McEnroe, Ilie Nastase, Bjorn Borg, Mats Wilander, Stefan Edberg, Boris Becker, Ivan Lendl, Pete Sampras, André Agassi, Martina Navratilova, Chris Evert, Stefi Graf, Monica Seles, Arantxa Sanchez, etc) commence en février 1874, année où le major Walter Clopton Wingfield fait breveter à la chambre des métiers de Londres, un nouveau jeu de court appelé Lawn-Tennis ? Savez-vous que c’est seulement trois ans plus tard, en 1877, qu’était organisé le premier championnat de Tennis à Wimbledon ?

 

Savez-vous également que le sportif le plus riche de la planète n’est pas un footballeur mais un joueur de golf, sport tout aussi prestigieux mais également peu pratiqué en Afrique ? Oui, le sportif le plus riche de la terre est l’Américain Eldrick Woods alias Tiger Woods, avec une fortune évaluée à 87 millions de dollars. Il est suivi du boxeur Oscar de la Hoya et du coureur automobile allemand Michael Schumacher.

 

Si nous parlons du Tennis et du Golf, c’est d’abord pour l’information, sinon c’est surtout parce que la RAPE, le sport que nous proposons offre plus d’une similitude avec le tennis et le Golf. Et surtout nous avons fait comme le major Walter Clopton Wingfield, en faisant breveter notre concept. Le nouveau sport que nous porterons bientôt à la connaissance du monde entier, voudrait se positionner comme un sport qui emprunte au prestige du Golf et du Tennis, tout en étant très démocratisé, pratiqué par tous, sur tous les continents.

La RAPE! Ce mot n’existe nulle part. il s’agit d’un acronyme qui signifie Rapidité, Adresse, Précision et Endurance (physique et morale). La rapidité, l’adresse, la précision et l’endurance sont en effet, les qualités essentielles qu’il faut posséder pour pratiquer la RAPE. On joue donc à la RAPE et les pratiquants de ce sport sont des rapeurs et des rapeuses.

 

Comment ce sport se pratique-t-il? Avec quel instrument et sur quel espace? Quelles en sont les règles? Bientôt la réponse à toutes ces préoccupations sur un site internet entièrement consacré à la RAPE.

 

 

        

 

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Wed, 18 Apr 2007 14:59:07 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142803.html
IVOIR'REVUE http://www.mian225.i-clic.net/article-142762.html  

Une synthèse quotidienne de l’actualité politique, économique et sociale en Côte d’Ivoire que Jacques MIAN propose par abonnement mensuel, trimestriel et semestriel. Parcourez le numéro 00 en vous rendant sur le site http://ivoirrevue.atis-industries.com

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Wed, 18 Apr 2007 14:33:30 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142762.html
MA TETE ET CRONOS http://www.mian225.i-clic.net/article-142695.html

Est-ce que ma tête (ma capacité de réflexion et d’analyse), considérée comme mon plus fidèle compagnon, et Cronos, le Dieu du temps, me permettront-ils de réaliser mon rêve de devenir écrivain ? Interrogation obsessionnelle !

 Jacques Mian

 

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Wed, 18 Apr 2007 12:42:18 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142695.html
PETITES REFLEXIONS SUR LA POESIE http://www.mian225.i-clic.net/article-142693.html  

¨      De mon point de vue, la poésie, c’est de l’architecture, une belle architecture de la pensée. C’est du design stylistique ; une esthétique de la narration, de la description ; la littérature par excellence. Et le poète est un esthéticien de la parole.

 

¨      Comment rédiger de beaux (la forme) et de bons (le fond) poèmes ? Il faut avoir la mémoire des mots. Et pour avoir la mémoire des mots, il faut être leur ami, se familiariser avec eux en les fréquentant régulièrement.

Jacques MIAN

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Wed, 18 Apr 2007 12:31:55 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142693.html
QUAND LE PERFECTIONNISME ET LA PROCRASTINATION ETOUFFENT LE TALENT LITTERAIRE http://www.mian225.i-clic.net/article-142692.html  

Il paraît que les grands talents littéraires se révèlent tard. Je crois détenir les raisons d’un tel fait et souhaite ardemment que ce qui passe pour une certitude se vérifie dans ma propre expérience, dans mon parcours personnel.

 

Ils sont nombreux, mes parents, amis et simples admirateurs qui, face à ce qu’ils qualifient eux-mêmes de succès journalistiques, n’ont jamais eu de cesse de m’encourager à publier des essais dans le prolongement de certains de mes articles.

 

Devant la réitération insistante d’une telle suggestion, j’ai toujours répondu que je n’étais pas prêt. Ma position est différente aujourd’hui.

 

Je voulais mûrir, tel un fruit. Nous savons que le fruit tombe seul quand il est mûr. Autrement dit, je tenais à écrire vite et bien ; je voulais que ça coule de source, clairement comme de l’eau de robinet. Non seulement j’aurais eu nécessairement besoin de posséder un vocabulaire aussi riche que varié, mais aujourd’hui, la quarantaine révolue, je puis me targuer d’une certaine maturité dans la pensée et dans la réflexion. Mes jugements semblent plus justes et moins empreints de subjectivité.

 

Plus exactement, si j’entrais un jour dans l’univers de la production littéraire, cette entrée tardive (qui ne saurait être par effraction), tiendrait à mon principal défaut : le perfectionnisme. A force de pousser la perfection jusqu’aux confins de l’idéalisme, j’ai toujours hésité, alors que l’envie de devenir écrivain, me taraude en permanence. Imaginez mon calvaire !

 

Je tenais à écrire comme je veux, attaché comme je suis à ce qu’on appelle la rigueur conceptuelle. J’ai toujours pensé qu’un mot est avant tout un texte, l’idée, une idée. Ce texte ne pouvant qu’être un prétexte dans un contexte. A partir de ce postulat, pour moi il ne saurait y avoir de synonymes stricts dans cette langue difficile qui n’est pas mienne, mais doit servir de véhicule à ma pensée, en l’occurrence celle qu’utilisait Victor Hugo et dont je suis si amoureux : le français.  

 

Je soutenais, et je continue de soutenir que les mots ne sont pas strictement interchangeables. Ce qui me bloquait. J’en souffrais d’autant plus que je défendais, et défends encore, cette thèse : la littéralité d’un texte procède de la musicalité que produisent les mots entre eux. Pour rédiger de beaux poèmes, des textes littéraires de belle facture, convient-il d’avoir l’œil esthétique et l’oreille musicale. Poétiser, n’est-ce pas vocaliser ? Même si j’admets avec André Gide (le célèbre auteur de la « La symphonie pastorale » et de « Les faux-monnayeurs » et par ailleurs l’écrivain le plus cité, selon moi, par le dictionnaire Le Robert) que « la beauté réside dans l’œil de celui qui regarde ». Et j’ajoute pour ma part, qu’elle réside également dans l’oreille de celui qui écoute.

 

Au total, j’étais et je demeure attaché au design, à l’emballage, au conditionnement esthétique du message.

 

Et pourtant, je reste convaincu qu’on ne peut écrire comme on voudrait, mais plutôt comme on peut. C’est-à-dire dans les limites de la connaissance, de la maîtrise qu’on a, non seulement de son sujet, mais surtout du support langagier du message que nous ambitionnons de faire passer.

 

JACQUES MIAN

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Wed, 18 Apr 2007 12:18:46 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142692.html
Recherche de l'âme soeur: quand Internet fait des heureux ! http://www.mian225.i-clic.net/article-142495.html S’il est une trouvaille technologique qui bouleverse bien notre existence ou est en passe de le faire, c’est bien Internet. Il permet pratiquement de tout obtenir, parfois gratuitement, d’autres fois en payant des frais. Il permet même de rencontrer et d’épouser la femme ou l’homme de sa vie, qu’on croit juste à côté de nous, dans notre environnement immédiat, mais qui, en réalité, se trouve à l’autre bout du monde, à des dizaines de centaines ou à des milliers de kilomètres, souvent dans un pays de cocagne qui transforme radicalement notre vie en bien, mais hélas en mal quelquefois. Allons ensemble à la découverte de ces  sites de rencontres éparpillés par centaines sur la grande Toile !

 

Sur le parvis de cette mairie du Languedoc-Roussillon, Yolande K. et Bruno P. viennent quelques minutes auparavant de se dire le « oui » sacramentel. Ils semblent très heureux de s’être mariés, en témoigne le sourire interminable qu’ils offrent aux regards des quelques personnes conviées à ces justes noces, mais surtout à l’objectif des deux photographes qui n’arrêtent pas de les mitrailler de leurs flashs, en cette fin de matinée automnale. Happée par une robe d’une blancheur immaculée, inondée d’une eau de Cologne forte et entêtante, la jeune Ivoirienne, plutôt frêle, est juchée sur des hauts talons aiguilles qui la portent à hauteur de son époux, un solide gaillard du terroir, au visage buriné et bouffi, preuve que Bacchus y a fait ses effets ravageurs. Pour tout dire, le couple est mal assorti. Mais les deux époux n’en ont cure. Tant pis : elle a son Blanc, il a sa Black. En tout cas, avec son air de bécassine, Yolande est aux anges. Son rêve, vieux de dix ans, vient enfin de se réaliser. Arrivée de son Didiévi natal sur les bords de la Lagune Ebrié pour satisfaire son bovarysme, après une scolarité saccadée et précocement interrompue par une grossesse à l’âge de 16 ans, Yolande dépose ses bagages à Abobo-Gare, chez une tante maternelle. Pas pour longtemps, puisque bientôt celle-ci lui trouve un emploi de servante à Marcory. Elle exerce ce métier pendant quatre bonnes années chez diverses patronnes, avant de se retrouver dans la pénombre des rues de la Zone 4, pour l’exercice du plus vieux métier du monde. Nous sommes en 1998.

 

La récession économique avait fait d’Abidjan une des métropoles africaines sinon mondiales du vice. En Zone 4, à Cocody sur les grands boulevards, aux Deux plateaux à la Rue des Jardins et au Vallon, à Yopougon dans la célèbre Rue Princesse, et dans divers autres endroits, c’était une véritable armée de péripatéticiennes qui hantait les nuits de la capitale économique ivoirienne, attirant piétons et automobilistes par des agaceries dont elles ont le secret.

 

La crise du 19 septembre 2002 et son cortège d’insécurité qui gangrène la ville, ne maintiendront que les plus audacieuses de ces filles de joie dans les rues. Pourtant l’amertume des autres, de la grande majorité, ne sera que de courte durée. D’autant que ces dernières découvrent avec beaucoup de bonheur les charmes de l’Internet. La grande Toile leur offrant la possibilité, sans risque apparent, d’entrer, grâce à un seul clic, en contact avec un correspondant qui devient très rapidement un client occasionnel, un souteneur, voire un mari, pour celles qui ont un coup de bol. Yolande K. fait partie de ces aficionados des sites Internet de rencontre, qui auront réussi à réaliser leur rêve. Internet pouvant permettre, sans trop d’anicroches, de réaliser ce parcours qui, pour de nombreuses femmes, relève de la croix et de la bannière : partir de l’hôtel à l’autel.

 

Pour sûr, la drague et la conquête de l’âme sœur, étant des pratiques aussi vieilles que Mathusalem, les sites de rencontres et leurs déclinaisons « chat » (dialogue en direct), sont les plus visités au monde. Les adresses ne manquent pas. En arrivant sur ces sites, un petit encadré s’affiche dans lequel vous précisez votre sexe, votre âge, votre région et ce que vous recherchez. Autorisons-nous une petite démonstration : vous êtes un jeune cadre dynamique BCBG (bon chic bon genre) à qui le boulot ne laisse aucun répit pour sortir et espérer rencontrer la femme rêvée. Ou bien vous êtes un homme au tempérament ardent, ayant un cœur d’artichaut et amoureux des onze mille vierges. Vous recherchez une femme de telles caractéristiques, habitant votre région, votre pays ou ailleurs. Sans vous inscrire sur le site de votre choix, il vous est proposé quantité de pages de photos de femmes collant à vos critères. Il ne vous reste plus qu’à procéder au choix de celle ou celles qui vous attirent. Comment ? Eh bien, vous faites défiler les photos et paf, coup de foudre, la photo de la femme de vos rêves est là, sous votre nez ! La belle Camerounaise Angelina ou Françoise l’Antillaise au sourire ravageur (capable de pousser un curé à jeter le froc aux orties) doit être votre épouse, quoi qu’il vous en coûte. Hélas, en cliquant sur l’adresse email de l’une ou l’autre, vous vous rendez compte que vous n’êtes pas autorisé à l’obtenir sans vous inscrire. Si vous voulez entrer en contact  avec ou accéder à plus amples informations sur celle qui vous fait pâlir de désir, vous devez vous inscrire dans le site. Il suffit de créer un pseudonyme, de donner un certain nombre d’informations sur vous, d’indiquer votre email et de certifier que vous êtes majeur. Et voilà, vous êtes désormais autorisé à écrire à Angelina ou à Françoise, ou à dialoguer directement avec elles, s’il existe la possibilité de « chater » (dialoguer) sur ce site.

Certains sites sont entièrement gratuits, comme www.abcoeur.com, www.drague.net, ou www.123love.com. D’autres sont payants. C’est le cas de www.match.com, www.meetic.fr ou www.netclub.fr. Si la quasi-totalité de ces sites sont d’inspiration européenne ou occidentale tout court, il existe de plus en plus de sites conçus par les Africains à l’intention d’internautes recherchant de belles africaines ou des hommes noirs à la virilité mythique. Dans cette catégorie, on peut citer deux sites qui font partie du nec plus ultra : www.afrointroductions.com et surtout www.missebene.net, un site de dialogue et de rencontre avec des femmes noires, africaines et antillaises. Des milliers d’annonces de rencontre de filles black célibataires sont sur ce site, qui, précisons-le, n’est pas une agence matrimoniale. La plupart de ces femmes africaines recherchent une rencontre sérieuse pouvant aboutir à un mariage mixte comme celui de Yolande K. et Bruno P.

Sur les sites de rencontre, les personnes inscrites s’affublent d’appellatifs aussi subjectifs que cocasses. Par exemple : Angedemidi, A2cbi1a3cmie, Bleueye, Kisslove, Douce69, Exhibfeline et Doliprane, pour les femmes ; Alahussarde, Unmasseur, Moetetchandon, Bomec, Delicieux2, Epicurien69, et Foryou, pour les hommes.

La typologie des personnes qui visitent les sites de rencontre fait apparaître un bon nombre de prostituées occasionnelles ou professionnelles. Dans notre société où le goût du fric a cannibalisé l’amour, elles s’en sortent plutôt bien grâce au net. À côté de celles-là se trouvent des personnes irréprochables, hors d’atteinte, comme des étudiants et étudiantes, des jeunes cadres célibataires fatigués de coiffer Sainte Catherine ou de porter la crosse de Saint Nicolas. C’est le cas de Chantal D., en année de Licence à l’UFR des sciences juridiques de l’Université de Cocody. Elle rêve d’aller poursuivre ses études en France, et n’ayant pas les moyens d’une telle ambition, elle espère décrocher la double timbale en se trouvant non seulement un époux européen, mais également un homme bourré aux as qui financerait ses études. Jean Claude A. est lui aussi abonné aux sites de dialogue direct. Son site de prédilection est www.123love.com. Toujours connecté entre midi et deux, au point de se passer du déjeuner, il veut lui, croiser une ivoirienne, jeune cadre comme lui ou à défaut, une étudiante en fin de deuxième cycle de l’université ou d’une grande école.  Quant à Michel S., presque la cinquantaine, comptable dans une entreprise abidjanaise, il a failli laisser des plumes dans un récent divorce mal négocié, et tente de se rattraper aux branches, du moins moralement, en se connectant régulièrement sur www.nostalgie.fr , un des sites préférés des jeunes filles à peine sorties de l’âge tendre, dotées généralement d’une beauté qui aiguise l’appétit, et qui dans le rôle de grandes coquettes, s’en laissent conter dans une candeur et une niaiserie attristantes. C’est bien souvent que leurs correspondants ou interlocuteurs d’un jour, leur proposent la botte, parfois pour juste de quoi manger du poisson braisé à l’attiéké, ou simplement en échange d’une promesse de liaison ou même de mariage (nous ne charrions pas dans les bégonias) qui n’est jamais tenue.

 

Restons dans le registre des déçus du net pour faire remarquer que toutes les filles qui recherchent l’âme sœur via le net, n’ont pas la veine de Yolande K. Certes, certaines parviennent à rejoindre leur Blanc en France, en Belgique ou en Italie, mais sur place, c’est la bérézina, parce que le temps qu’elles ne réalisent qu’elles se retrouvent dans un réseau de prostitution, il est parfois trop tard. Et quand elles réussissent à sortir de cette nasse, faute de soutien, elles finissent généralement par atterrir au Bois de Boulogne ou à Pigalle, hauts lieux de la prostitution parisienne, pour leur propre compte cette fois. Marie Thérèse, belle jeune femme Dida qu’on aurait dit descendante directe de la belle Aphrodite, peut se considérer comme une miraculée. Partie rejoindre Jean Paul qui s’était présenté à elle comme responsable commercial au marché de gros de Rungis, elle déchantera bien vite, découvrant que « son » homme était en réalité un grand dealer fiché et recherché par la police. Il aura fallu une descente musclée de quelques éléments de la brigade de lutte contre les stupéfiants, dans le grenier que le couple occupait à Créteil, pour que la pauvre se rende compte de ce qui lui arrivait. A défaut d’un séjour dans l’univers carcéral de Fresnes ou de Fleury-Mérogis, elle n’eut droit qu’à un rapatriement en bonne et due forme.

Qui vous a dit que la recherche de l’âme sœur est orientée uniquement vers des êtres du sexe opposé ? Détrompez-vous ! Les personnes qui affectionnent les amitiés particulières (les homosexuels hommes et femmes) et bien entendu les biques et les boucs (les bisexuels), visitent en grand nombre les sites de rencontre dont certains leur sont spécialement dédiés : www.GayVox.com, www.cleargay.com, www.gay2424.com, www.lpourl.com, etc.

Il est vrai qu’avec l’apparition et l’introduction du net dans notre existence, des hommes et des femmes qui sont de vieux mariés, auraient aimé que cette merveille qu’est Internet existât au moment où ils faisaient la rencontre de leur conjoint ou conjointe. Afin d’avoir véritablement le choix comme la grande Toile le permet. En effet, grâce à Internet, un jeune homme sans emploi, éconduit par toutes les femmes qu’il courtise, peut avoir la chance inouïe de devenir l’époux d’une riche héritière canadienne ou californienne, et voir sa vie se transformer en un conte de fée. Tout comme une simple fille de ménage, une servante dans une famille bien modeste de Yopougon ou de Koumassi, peut un jour partager la vie d’un richissime américain ou européen, qui lui offre tout ce qu’elle n’aurait pas imaginé, même dans ses rêves les plus fous. Mais Internet peut également jouer des mauvais tours à certaines personnes. Il convient donc d’y recourir avec beaucoup de circonspection, et par-dessus tout, d’en connaître les tenants et aboutissants pour ne pas se laisser surprendre et abuser. A consommer donc avec modération !

                                                                    Jacques MIAN

ATTENTION: article sous embargo ! 

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Tue, 17 Apr 2007 17:28:41 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142495.html
Réflexion sur la notion de chance http://www.mian225.i-clic.net/article-142360.html LA CHANCE EN QUESTION

 

« Moi je n’ai pas de chance dans ma vie », entend-on parfois autour de nous. La chance ? Qu’est-ce que c’est ?

La chance peut-être considérée comme une prédestination, comme chaque épisode heureux du film de notre vie, un film qui se joue sous le regard du plus grand réalisateur : Dieu. Ainsi chaque occasion de malchance équivaudrait à un épisode malheureux du scénario conçu par Dieu.

 

En réalité, que nous ayons de la chance ou pas, n’a rien de prédestiné. Cela dépend uniquement des choix que nous faisons chaque jour, à tout instant, à la seconde près. On fait une rencontre avec une personne. Deux regards qui se croisent, et dans les secondes qui suivent, notre siège est fait : celle-là doit être mon épouse ; celui-là est l’homme qu’il me faut ! En quelques secondes, on ficelle notre « destin », j’allais dire on change sans le savoir le scénario prévu par le grand réalisateur, notre créateur qui nous a créés libres. De là haut, il sourit, se moque de nous. Tant qu’on ne le supplie pas par nos prières de rétablir les choses telles qu’il les avait prévues, il ne fera rien. Et lorsque nous le sollicitons pour l’accomplissement de sa volonté, c’est-à-dire quand nous lui demandons de procéder à la rectification des choses conformément à son scénario, cela contrarie évidemment notre choix et nous sommes déçus ; nous nous demandons ce que nous avons bien pu faire de mal pour être sanctionné de la sorte. « Mais qu’ai-je fait au ciel pour que ça ne marche pas ? », s’interroge-t-on.

 

En clair, lorsque nous récitons la célèbre prière et que nous disons : « (…) que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », nous invitons Dieu à prononcer un verdict, une sentence. Nous ignorons que cette sentence va généralement à l’encontre de notre choix, de nos options. Si bien que la maxime « Tout ce que Dieu fait est bon », apparaît comme l’expression la plus achevée de la sagesse.

                                                                                                                  Jacques MIAN

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Tue, 17 Apr 2007 04:10:28 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142360.html
LE NATIONALISME IVOIRIEN A RUDE EPREUVE http://www.mian225.i-clic.net/article-142359.html

Le nationalisme ivoirien à rude épreuve

Une analyse de Jacques MIAN

 

Journaliste en retrait des rédactions depuis de nombreuses années, et perché sur une guérite neutre de distanciation et d’observation extraordinaire qui me donne une vue panoramique et synchronique de la Côte d’Ivoire, je voudrais ici revendiquer une « pensée non alignée » et risquer d’un regard froid, une analyse sur la situation actuelle de mon pays, en disant ma part de vérité, qui ne saurait être la vérité majuscule. N’en déplaise aux ricaneurs qui se videront de leur fiel !

Mais comment cerner tous les contours de la crise actuelle sans faire une plongée dans notre histoire récente ? Celle qui concerne les faits majeurs suivants : l’arrivée d’Allassane Dramane Ouattara (ADO) sur notre scène politique ; la disparition et la succession du président Félix Houphouët Boigny ; le coup d’Etat du général Guéi Robert ; l’élection du président Laurent Gbagbo, le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 transformé en rébellion armée ; et enfin l’acte de barbarie perpétrée par Jacques Chirac et ses amis sur les FANCI et des manifestants aux mains nues. 

 1.    L’entrée en scène d’ADO ou le début du complot contre la Côte d’Ivoire.

 

 

Depuis l’indépendance acquise de son pays en 1960, jusqu’à la fin de la bipolarisation du monde au crépuscule des années 80, le président Félix Houphouët Boigny n’avait jamais jugé nécessaire de se donner un premier ministre. Pour sûr, il l’aurait voulu qu’il n’eût eu que l’embarras du choix dans la flopée de cadres qu’il avait lui-même fait former dans les plus prestigieuses écoles et universités européennes et américaines. A moins qu’il n’eût que du mépris pour ses « propres enfants ». En effet, le premier président de la république de Côte d’Ivoire qui était considéré comme l’un des dirigeants les plus renseignés au monde, savait évidemment que son futur premier ministre avait servi au FMI et à la BCEAO en tant que citoyen voltaïque. Comment un chef d’Etat qui n’avait pas réussi à faire passer auprès de ses compatriotes l’idée d’une double nationalité à accorder aux immigrés voltaïques, pouvait-il sans offenser son peuple, prendre le risque de nommer un citoyen voltaïque comme premier ministre ? Il faut en convenir que cela est difficile à imaginer, sauf si Houphouët Boigny avait été contraint d’accepter la collaboration de cet imminent économiste appelé à officier comme médecin au chevet d’une économie ivoirienne à l’article de la mort ! Pour réanimer la malade le « praticien » ne fit point assaut d’imagination, se contentant d’instaurer la carte de séjour pour les étrangers et de privatiser sans aucune loi d’habilitation, l’essentiel de nos entreprises stratégiques. Certaines investigations révélèrent même que ce technocrate avait vendu ces entreprises à des amis afin de pouvoir les racheter, quand d’autres sources estimèrent que nos chères entreprises avaient été cédées pratiquement au franc symbolique à des multinationales, en échange d’une manne financière et de facilités indispensables à la réalisation des ambitions politiques du premier ministre. Des ambitions qui furent affichées dès avant que le président Houphouët Boigny ne rende le dernier soupir.

2.    La disparition et la succession du président Félix Houphouët Boigny.

 

 

En décembre 1993, le sage de l’Afrique se « casse la jambe », et la constitution, toujours elle, devait s’appliquer : le fils « naturel », le dauphin constitutionnel devait succéder au père. Mais à cette époque, la contestation, paradoxalement ne vint guère du côté de ceux qui avaient, des décennies durant, combattu la politique du défunt. C’est plutôt à l’intérieur de sa propre famille politique que le fameux article 11 fut dénoncé, provoqua des vagues et une levée de boucliers. Le feu était dans la maison, prêt à tout consumer, et naturellement, les partis d’opposition assistaient goguenards à cet autodafé. Il fallut le courage d’un homme, Laurent Dona Fologo, pour éteindre l’incendie et sauver la maison commune que, depuis, les enfants peinent à reconstruire. Les nombreuses lézardes que le feu avait faites ne sont pas encore colmatées ; les ravages sont toujours perceptibles. Plus grave : quelques uns des enfants, une fois la succession assurée, et après l’inhumation du père, durent abandonner la maison paternelle pour de bon, ayant préféré, sous les conseils d’un oncle, aller s’en bâtir une autre, dirigée par le fils « adoptif » venu de l’hinterland septentrional, et dont l’ambition présidentielle, après avoir été premier ministre, s’était farouchement aiguisée. A partir de ce moment-là, les deux fils dont les maisons respectives ne sont séparées que par une toute petite distance, vont se regarder en chien de faïence et se livrer une bataille épique, comme à Kirina. Le président Henri Konan Bédié (HKB), jouissait de la légalité constitutionnelle, et bénéficiait du soutien de tous les légalistes d’ici et d’ailleurs. C’était sa première arme. Mais en plus, connaissant très bien son adversaire à qui il déniait toute origine ivoirienne pour des raisons objectives (il était ambassadeur en poste à Washington au moment ou ADO prenait ses cours d’économie à l’Université de Pennsylvanie, en tant qu’étudiant voltaïque) dont les confidences du père, il allait utiliser cette autre arme, de loin la plus redoutable : l’inéligibilité d’ADO. Celui-ci vit dès lors son profil se brouiller comme une aquarelle sous la pluie, sans pour autant lâcher prise. Bien au contraire ! N’empêche HKB avait le vent en poupe, parce qu’en réalité, il sut battre  la grosse caisse du nationalisme ivoirien menant la fanfare à un rythme martial qui ravivait notre patriotisme. A la fois pour son bonheur et pour son malheur, c’est le moment qu’il choisit pour activer le concept endormi de l’ivoirité. Cette ivoirité qui dans mon entendement comme dans celui de nombreux compatriotes relève de l’automaticité génétique et du choix culturel, fut à dessein instrumentalisée à des fins politiciennes. Les conseillers en communication de l’ancien premier ministre surent la présenter plutôt comme un instrument d’exclusion d’une frange importante de la population ivoirienne, en l’occurrence nos compatriotes du Nord. La mayonnaise prit bel et bien, car la thèse aussi farfelue qu’elle fût, était corroborée par des tracasseries policières de notoriété publique. 95%  des Malinkés et Senoufos de Côte d’Ivoire, joints aux millions d’immigrés Burkinabés et Maliens du fait de la communauté de langue et de religion, se mirent en devoir de soutenir ADO. Mais ce n’est pas tout : l’ancien fonctionnaire du FMI réussit également à rallier à sa cause tous ceux  qui, à travers le monde, exècrent tout nationalisme, sans oublier le monde juif (Mme ADO est juive) et surtout le monde arabo- musulman qui ne ménagea pas ses efforts par pure solidarité religieuse. Eu égard à tous ces concours, l’alliance du FPI avec le RDR dans une perspective purement tactique, pour le premier cité, tint à l’épiphénomène. Toujours est-il que l’ensemble de ces soutiens constitua la première arme d’ADO contre HKB.

3.    Guéi Robert : utilisé comme l’ergot de Soundiata Kéita à Kirina

Guéi Robert, général des Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) était-il un nationaliste ? Etait-il un patriote ? Si c’est uniquement pour se venger de HKB (qui eut maille à partir avec lui) qu’il accepta de se laisser instrumentaliser pour diriger militairement le coup d’Etat de décembre 1999, eh bien, la réponse à ces interrogations est non ! Parce que du point de vue économique et politique, rien, absolument rien ne justifiait ce coup d’Etat. Hélas pour HKB, notre Achille dont le talon n’a pas été plongé dans le Styx ! En réalité, le Général Guéi Robert (paix à son âme) en se laissant utiliser comme l’ergot que Soundiata Kéita utilisa pour vaincre Soumangourou Kanté à Kirina (deuxième arme d’ADO), et en voulant contre la volonté des Ivoiriens faire adopter une constitution « ou » au détriment du « et », acheva de nous convaincre qu’il était contre le nationalisme ivoirien. Il dut se plier à la volonté du peuple pour finalement soumettre la constitution « et » au vote populaire. Résultat : 86% de suffrages favorables. Et croyant naïvement que ceux qui l’utilisaient et le manipulaient étaient plus populaires dans le pays, Guéi Robert se mesura à Laurent Gbagbo et fut battue à plate couture à l’élection présidentielle d’octobre 2000. Malgré tout, il voulut confisquer le pouvoir avec l’aide de sa garde prétorienne. Les coups de feu tirés par celle-ci et les nombreux morts qui s’ensuivirent ne réussirent à vaincre la détermination des patriotes ivoiriens. C’était un signe assez révélateur à décrypter. On peut sans risque de se tromper, affirmer que ceux qui votèrent contre la constitution de 2000 sont les mêmes qui aujourd’hui redoutent le referendum.

4.    L’élection du président Laurent Gbagbo et le coup d’Etat du 19 septembre 2002

Laurent Gbagbo, l’opposant formé à la Rue Solferino , le camarade des apparatchiks du parti socialiste français, reconnaît lui-même qu’il a été élu de façon calamiteuse. Ce qui ne signifie pas du tout qu’il n’a pas été choisi par les Ivoiriens. Ses adversaires vont malheureusement avoir une compréhension fort simpliste de cette déclaration. Et tenter contre lui, moult coups d’Etat, espérant réussir l’  « exploit » de Guéi Robert. Comme la dernière tentative échoua le 19 septembre 2002, ses auteurs se replièrent « chez eux » à Bouaké (cette ville est en fait la deuxième du Mali après Bamako ; les Baoulés l’ayant abandonnée au profit de l’ouest cacaoyère) et réussirent avec des complicités locales, frontalières et étrangères, à occuper toute la moitié nord de notre pays. Une rébellion armée venait de naître. Comment la justifiait-on ? « Nous les nordistes, nous sommes considérés comme des Ivoiriens de seconde zone ; dans le développement du pays, notre région est laissée pour compte, se retrouve à la traîne ; nous luttons contre l’exclusion, la xénophobie ; nous voulons que tout le monde puisse être candidat à l’élection présidentielle », bref le chapelet de récriminations comporte pas mal de grains. Analysons-les cas par cas !

Exclusion de nos frères Malinkés et Sénoufos : ici il convient d’éviter les vérités confites, les inductions et les syllogismes faciles. Certes il est souvent arrivé que certains éléments des Forces de Défense et de Sécurité abusent de leur autorité dans le cadre de simples contrôles de routine. Quand d’autres se laissent eux-mêmes abuser par la communauté de langue et de  patronyme existant entre nos compatriotes du Nord et les immigrés d’origine malienne ou burkinabé. Ces abus et vexations qui sont à condamner avec la dernière énergie n’auraient sûrement plus eu cours, si le processus d’identification n’avait pas été stoppé par la rébellion.

Le Nord laissé pour compte : il faut évidemment en rigoler ! Je suis originaire de l’ancienne boucle du cacao, et pour avoir passé dix années de ma vie scolaire à Korhogo, dont trois au primaire et sept au lycée Houphouët Boigny, je suis bien placé pour battre cet argument en brèche. Inutile de rappeler l’apport du binôme cacao-café dans le miracle économique ivoirien des années 70. Le grand Nord a beaucoup plus bénéficié de cette manne que la région qui s’est trouvée à l’origine de ce miracle. Ce qui expliquera d’ailleurs le vote sanction de Bongouanou contre le PDCI aux municipales de 1990. Toutes proportions gardées, le Nord au contraire s’en est tiré à bon compte. Non seulement la quasi-totalité des projets de développement furent installés dans cette partie de notre pays, mais en plus c’est la région d’origine de tous ces riches transporteurs et commerçants qui brassent des milliards de nos francs. Si seulement chacun investissait chez lui comme le font les « boussouman », le Nord aurait un autre visage ! Nombre de fonctionnaires ayant servi là-bas témoigneraient qu’ils ont éprouvé beaucoup de peine à se trouver un logement décent. Et pourtant de très nombreux ressortissants du Nord sont propriétaires immobiliers chez les « boussouman ». Je ne m’arrête pas là : amusons-nous à compter le nombre de ministres, de directeurs généraux et autres hauts responsables politiques ou administratifs ressortissants du grand Nord, promus depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, et nous aurons tout compris.

Les Ivoiriens sont xénophobes : non ils ne l’étaient pas ; ils le sont devenus peut-être, par la faute de leurs dirigeants qui n’ont jamais voulu doter le pays d’un système de contrôle de l’immigration. Mais heureusement ils ne sont pas racistes ! Ceux qui détiennent les vrais chiffres sur l’immigration en Côte d’Ivoire pourraient user de leur droit de réponse. En attendant je soutiens que le chiffre officiel de 26% est en deçà de la réalité. Les Burkinabé et les Maliens se taillant la part du lion, évidemment pour des raisons historiques. Plus grave : le taux de fécondité chez les femmes d’origine étrangère est plus élevée que chez les Ivoiriennes C’est dire qu’il y a matière à inquiétude pour les nationalistes ivoiriens. Je voudrais avant de poursuivre, soumettre à méditation cette réflexion de l’essayiste français François de Closets : « le raciste reproche à l’autre d’être ce qu’il est, le xénophobe lui reproche d’être où il est. Dans le premier cas, il ne faut pas chercher à comprendre, il faut combattre ; dans le second, au contraire, comprendre et appliquer immédiatement un traitement social ». Aucun gouvernement n’a encore proposé ce traitement social. Et les Ivoiriens qui sont durement frappés par la crise économique et le chômage, s’inquiètent,  croyant à raison qu’ADO veut s’appuyer sur les 5 millions de Burkinabés et Maliens pour se faire élire et leur porter l’estocade. Alors dépassant les clivages politiciens, ils font bloc autour de Laurent Gbagbo qui a su récupérer le combat nationaliste de HKB. Tous ces jeunes baptisés avec mépris « jeunes patriotes » ou « partisans de Laurent Gbagbo » sont les porte-étendards de toute la jeunesse ivoirienne. Si leurs parents paysans ou fonctionnaires retraités tirent le diable par la queue et ne voient leur avenir que dans un rétroviseur, eux refusent de vivre dans ce no man’s land sociétal où le chômage veut les enfermer. Ils refusent de compliquer leur propre situation en confiant la gestion de leur pays à quelqu’un qui ne penserait pas « ivoiriens d’abord ». Oh ! Qu’on n’en veuille pas à Charles Blé Goudé, à Eugène Djué, à Thierry Légré, à Bro Gregbé et aux autres. Ils ne font que chevaucher le fier étalon du mécontentement populaire. Si ce combat peut être assimilé à de la xénophobie, alors nous sommes devenus des xénophobes. Une xénophobie qui ne saurait donner dans un isolationnisme misanthropique. La Côte d’Ivoire a une façade maritime : elle est condamnée à s’ouvrir au Monde.

Une présidentielle ouverte à tous : c’est impensable dans un pays qui compte officiellement 26% d’immigrés. Ce serait la boîte de Pandore ! Le président de la République de Côte d’Ivoire est bien le Primus inter pares, c’est-à-dire le premier citoyen, et donc sa citoyenneté ne doit en aucun cas être révoquée en doute. Il doit être perçu comme la personne qui n’a pas d’attaches ailleurs ; qui est prête à faire flèche de tous bois pour défendre la patrie. Que cela soit clair une bonne fois pour toutes !

            Cette rébellion, on le sait, a ses soutiens naturels et militaires que sont, d’un côté, ces pays frontaliers dont les budgets de fonctionnement respectifs sont alimentés par l’apport économique de leur diaspora installée chez nous. De l’autre, tous les partisans d’ADO (je ne dis pas tous les militants du RDR), pour des raisons suffisamment invoquées. Cependant, puisque le monde politique comporte tout, supporte tout, même le déraisonnable, la rébellion recrute ses soutiens politiques également chez ceux qu’on n’aurait pas jugé capables de collusion avec ADO…Les autres soutiens politiques sont deux petits partis représentés au sein du gouvernement dit de réconciliation nationale. Reste un allié politico-militaire qui avait su cacher son jeu jusqu’au 6 novembre dernier : la France chiraquienne. Si nous faisons un peu d’arithmétique, cela fait un, deux, trois, quatre, cinq, six et sept, plus la rébellion elle-même, contre Laurent Gbagbo envers qui chacun d’eux a des griefs qu’il serait fastidieux d’égrener ici, parce qu’en tout état de cause, ce ne sont pas pour des reproches personnels contre un individu qu’il faut bloquer le fonctionnement d’un Etat ; entraver la marche d’une nation vers le progrès économique et social. Par ailleurs, se bat-on à sept ou dix voire davantage, contre un, sans en faire un martyr ? Grands dieux non ! On y reviendra. Pour l’instant, rendons-nous près de Paris, à Linas Marcoussis, dans ce centre d’entraînement de rugby où les soutiens directs ou indirects de la rébellion et l’unique adversaire de celle-ci, ont été enfermés pendant plusieurs jours pour « cogiter » et signer les accords que l’on sait. Véritable expression démocratique en vérité que cette table ronde de Linas Marcoussis ! Un ensemble de plusieurs éléments contre un singleton ! Et naturellement les premiers l’ont remporté sur le second, et c’est la Côte d’Ivoire qui est sortie perdante de ce conclave. La démocratie à l’échelle d’un enclos contre la démocratie à l’échelle d’un pays. A la vérité, le commentaire de ces accords ressortit au juriste, et je n’en suis pas un. Je me contenterai de faire remarquer que la table ronde de Linas Marcoussis n’a pas émergé d’une plongée véritablement réflexive, parce qu’elle était pilotée par les amis de Chirac et regroupait essentiellement tous ceux qui nient à Laurent Gbagbo la légitimité de son pouvoir. Il en est sorti un consensus sirupeux baptisé accord qui prend le sens commun, la logique, la morale et l’idéal démocratique à rebrousse-poil. Ces accords sont non seulement scandaleux, discriminatoires, mais aussi constitutionnellement inapplicables. On oublie trop vite que Laurent Gbagbo est un homme de gauche, un révolutionnaire, mais un révolutionnaire dont l’emblème n’est ni la faucille, ni le marteau, mais une rose que la canicule tropicale n’a pas encore réussi à faner. Cet homme, parce qu’il est de gauche, veut organiser son pays et non le subir. Il sait que la légitimité de la gauche réside plutôt dans une révolte contre l’ordre (ou le désordre) établi. Et l’immigration non contrôlée est un exemple de désordre établi. On l’accuse d’exactions et de tous les péchés d’Israël, mais posons cette question essentielle: l’ordre moral est-il préférable aux désordres démocratiques ? Autre question essentielle : entre le lyrisme rédempteur de Laurent Gbagbo et le catastrophisme revanchard de certains, que choisir ? Et puis à quoi cela sert-il  de me venger du co-auteur de mes malheurs si je me réconcilie avec l’auteur lui-même ? Quelle est cette stratégie ou tactique politique ? On y perd son latin ! Que dire de ce G 7  tropicalisé devenu un autre G 8 avec l’entrée (l’entrisme) de la France  ? Sinon qu’il mène un combat de coq dans la boue, le combat du coq gaulois, un combat facile ; au lieu de mener le combat titanesque du pachyderme contre les abeilles. Pourquoi ces partis politiques légalement constitués regroupés au sein de ce G (comme Guerre) préfèrent-ils cette incarcération volontaire dans une logique qui dessert en réalité les Ivoiriens qu’ils prétendent servir ? Mais enfin, au nom de quel peuple se battent-ils ?

5. L’acte de barbarie de Chirac et de sa Licorne

Dans leur mauvaise conduite des relations historiques entre l’Hexagone et notre pays, Jacques Chirac et son entourage, par suite d’une gravissime erreur d’aiguillage, ont le 6 novembre passé, emprunté une fausse route qui les a conduits droit contre la Côte d’Ivoire. Depuis lors, fâchés, les Ivoiriens veulent lever pour de bon le pont-levis les reliant à la France. Comment en est-on arrivé là ? A partir du 19 septembre 2002 un kyste rebelle s’est incrusté dans le centre de la Côte d’Ivoire, essaimant ses métastases dans tout le nord et une partie de l’ouest du pays, coupant le quadrilatère ivoirien en deux. Appelée à la rescousse pour aider au rétablissement de l’ordre constitutionnel, la France   ne se fait pas prier. Mais pas pour mater la rébellion, en dépit des accords de défense qui la lient à  la Côte d’Ivoire. Au contraire, elle permet aux rebelles de conforter leur position sur le terrain, favorisant l’asphyxie de l’économie ivoirienne. Depuis deux ans on en est à cette situation insupportable. Ni la force Licorne composée de 6000 soldats français, ni les forces onusiennes dépêchées en grand nombre ne veulent désarmer les rebelles. Et quand les FANCI ont pris leurs responsabilités pour réunifier leur pays, la France les a stoppées net, réduisant à néant tout notre dispositif de dissuasion. Il n’en fallut pas plus pour  que le poulpe ivoirien menacé produise son encre contre la force Licorne. Pour autant, l’armée de Chirac ne renonça pas à son funeste dessein : elle n’aurait pas programmé la liquidation physique de Laurent Gbagbo qu’elle ne se serait pas déployée avec 150 chars sur le parvis de l’Hôtel Ivoire, à quelques cinq cents mètres de la résidence du chef de l’Etat ivoirien, toute menaçante. Là encore, le déferlement français se brisa sur la digue de la résistance patriotique des Ivoiriens. Nonobstant le carnage fait par la Licorne. En agissant ainsi, la France de la démocratie et des Droits de l’Homme, par une sorte de « rupture épistémologique » vient de sacrifier ses idéaux, de raboter ses principes, de désespérer ses amis au nom d’intérêts purement chiraquiens. A ce niveau d’analyse, on ignore toujours pourquoi le pouvoir français, incarné par Chirac, se comporte-il ainsi avec un pays et un peuple dont l’attachement à la France était jusqu’alors exemplaire. Venons-en donc !

En 1991, le FIS (Front islamique du Salut) réussit en Algérie un véritable ras de marée électoral aux élections municipales. Si le processus électoral s’était poursuivi, ce parti qui recrutait essentiellement dans les milieux pauvres du pays, se serait aisément installé au pouvoir à Alger. Mais l’Algérie est riche de son pétrole et de son gaz qui alimentent la France , en application de vieux accords économiques. Enthousiasmés par leur popularité et leurs succès électoraux, les dirigeants du FIS, qui avaient l’intention de remettre en cause certains de ces accords, manquèrent de discrétion. Informés désormais, les dirigeants français armèrent puissamment le pouvoir en place pour l’aider à réprimer responsables et militants du FIS. Depuis, la terreur s’est installée en Algérie, ce pays navigue de tempête en ouragan, et on ne sait quand il retrouvera la mer de la sérénité. A quelques nuances près, c’est ce schéma apocalyptique, catastrophique et chaotique que la France chiraquienne réserve à la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo au cas où ce dernier ne reviendrait pas vite à la logique économique qui a toujours prévalu entre son pays et la France. A priori, Laurent Gbagbo et les patriotes ivoiriens ne résisteront pas longtemps à la furia de la puissante France. Mais la France doit savoir qu’à brandir le fer rouge au-dessus de trop d’épaules, on se met en position de mobiliser contre soi une armée de bras. Dans tous les cas Laurent Gbagbo aura eu le mérite de provoquer un séisme dans l’histoire des relations franco-africaines en général, et franco-ivoirienne en particulier. Les Africains, les Ivoiriens, intellectuels, fonctionnaires, ouvriers, paysans, tous doivent profiter de ce séisme pour s’émanciper, pour tenter une sortie, pour bousculer les conservatismes mentaux.

En guise de conclusion, je voudrais me permettre d’interpeller ADO. Monsieur le premier Ministre, des Libanais et des Français d’origine, sont de nationalité ivoirienne, malgré leur peau blanche. Pourquoi vous refuserait-on la même nationalité, à vous qui êtes d’un noir d’ébène ? C’est dire que je ne suis pas de ceux qui polémiquent sur votre nationalité. Il se peut que vous ayez eu effectivement des ascendants en terre ivoirienne, c’est-à-dire à l’intérieur des frontières tracées en 1893 par le colonisateur français. Le cas échéant il serait injuste de vous contester votre origine ivoirienne. Mais vous en conviendrez avec moi, cette logique voudrait que de nombreux Africains aient plusieurs origines. Parce qu’en se partageant l’Afrique comme un gâteau au congrès de Berlin en 1885, les colons européens ne se soucièrent pas de savoir s’ils divisaient des familles. Ils ne tinrent pas compte des peuples, des ethnies, bref des harmonies. Pour notre malheur actuel, se retrouvèrent dans un même Etat, sans aucune conscience nationale commune, des gens que tout séparait : race, langue, religion. Il ne fut pas demandé aux Agni et aux Ewés s’ils préféraient être Ghanéens plutôt que Ivoiriens et Togolais; aux Sénoufos s’ils souhaitaient se retrouver tous au Soudan français ; aux Haoussas s’ils avaient une préférence entre parler le français au Niger ou l’anglais au Nigeria. Monsieur le premier ministre, du congrès de Berlin aux indépendances africaines à la fin des années 50, au moins soixante douze années se sont écoulées. Entre la période de ce même congrès et le moment où la Côte d’Ivoire vous découvre, il y a au moins un siècle. Entre temps, l’Afrique n’est plus dirigée par des royaumes ; elle est constituée d’Etats qui n’ont que des intérêts à défendre et à sauvegarder. Des Etats jaloux de leur souveraineté. Monsieur le premier ministre,  aussi vrai que vous êtes né en Côte d’Ivoire, dans l’ancienne boucle du cacao où votre père a laissé de nombreux amis, vous avez été citoyen voltaïque avant de revenir quarante sept ans plus tard solliciter la citoyenneté ivoirienne. Et c’est ce qui plaide contre vous. Vous ne voulez pas seulement diriger un parti politique de droit ivoirien, mais vous voulez dirigez l’Etat de Côte d’Ivoire. Vous êtes libre d’avoir une telle ambition. Toutefois, sachez que depuis votre passage à la primature, les Ivoiriens ne vous font pas confiance, conscients des richesses immenses de leur pays. Ils ne vous font pas confiance parce que vous êtes citoyens de deux pays, dont l’un est très riche. Ils vous soupçonnent de vouloir utiliser les ressources de l’un au profit des populations de l’autre. Comment les rassurez-vous ? Que leur proposez-vous. J’avoue que votre tâche ne sera pas du tout aisée, compte tenu de votre soutien avéré à la rébellion qui a endeuillé plusieurs centaines de familles ivoiriennes.

NB: article publié en décembre 2004

 

 

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Tue, 17 Apr 2007 04:01:27 GMT http://www.mian225.i-clic.net/article-142359.html